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Hommage à Gérard de Vassal

Par 25 novembre 2019 Aucun commentaire

C’est avec une profonde tristesse que la FNCC a appris la disparition de son vice-président d’honneur dans la nuit du 13 au 14 novembre, à l’âge de 93 ans. Gérard de Vassal, élu pour la première fois à Boulogne-Billancourt en 1953, a été l’un des pères fondateurs de la Fédération, aux côtés de son président-fondateur, Michel Durafour, et de Jack Ralite. Il n’aura jamais cessé de militer pour la culture, pour son rôle à ses yeux majeur dans l’inclusion sociale, assistant jusqu’au bout, de manière assidue et active, aux travaux de la FNCC. La Fédération adresse son soutien à sa famille et à ses proches.

L’engagement de Gérard de Vassal pour la FNCC a été indéfectible, comme en témoignent la teneur de ses nombreuses interventions lors des réunions du Bureau ou du Conseil d’administration de la FNCC. Il estimait souvent nécessaire de rappeler aux nouveaux élus son moment fondateur et la conviction de Michel Durafour quant à la nécessité de la décentralisation culturelle.

L’origine de la FNCC. « En 1960, le ministère de la Culture s’intéressait à des grands projets, comme les Maisons de la culture, et ne prêtait pas attention aux villes. L’idée géniale Michel Durafour a été de penser que les villes pouvaient promouvoir la culture. Jack Ralite, quant à lui, a beaucoup travaillé sur la vie culturelle interne des communes. Or en ces temps, les villes de France étaient en sommeil. L’année cruciale a été 1971. Avant, les villes n’avaient pas d’élus à la culture. C’est là que Michel Durafour et Jack Ralite ont été leader » (mars 2018).

Cet attachement à l’impulsion initiale de la Fédération allait au-delà de la seule conviction politique : « J’ai été élu pour la première fois en 1953. J’ai vécu 50 ans de mandat à Boulogne-Billancourt et participé à la fondation de la FNCC. Pour moi, la FNCC est une mère de famille. Elle m’a beaucoup aidé par sa pluralité et son esprit de tolérance au bénéfice de l’intérêt général. Sa force réside dans son œcuménisme intérieur » (janvier 2016). D’où son émotion, en 2018, lors de la préparation du moment d’hommage à Avignon à Michel Durafour, Jack Ralite et Denise Foucard, récemment disparus : « A mes yeux l’important est qu’ils sont toujours avec nous aujourd’hui. On honore nos amis, non pas des disparus mais des êtres vivants, contemporains de nous. Ce qu’ils ont accompli est toujours en vie. »

Au Congrès. En mars 2017, la FNCC organisait à Saint-Etienne son 24e Congrès, renouant avec une tradition qui s’était interrompue depuis plusieurs décennies. Le témoignage de Gérard de Vassal a été l’un des moments forts du Congrès. Il a rappelé le passé, mais surtout évoqué l’avenir d’une fédération qu’il estimait essentielle à la vitalité des politiques culturelles locales.

Au 24e congrès de la FNCC à la cité du Design, Saint-Etienne (photo : Alexa Brunet)

Le rôle des élus à la culture : un rôle social… « Nous sommes aujourd’hui en 2017. La culture n’a pas changé, ni dans le fond, ni dans ses formes, ni dans ses objectifs. » Mais, depuis les années 2000, « il s‘est greffé sur l’élu à la culture une mission sociale qui n’existait pas préalablement. Quant aux qualités de la personne, femme ou homme, elles sont toujours les mêmes depuis 60 ans. C’est-à-dire être un élu compétent, un élu qui a le rapport facile, ouvert et je dirais “orientateur” avec les fonctionnaires comme avec les autres élus. Et surtout l’honnêteté. »

… au service de toutes et de tous… « Il faut aujourd’hui que l’élu à la culture apporte par la culture, dans ses dimensions les plus variées – cela peut être un cours de danse, un festival, même un carnaval –, une attention aux personnes en situation de handicap. D’autre part, il faut aussi apporter un “plus” pour les personnes âgées, souvent diminuées dans leurs moyens physiques. »

… et en particulier de la jeunesse. « C’est fondamental, surtout dans le cadre actuel. Il faut absolument que, dans le cadre des équipements – et je pense notamment aux petites communes pour lesquelles ce n’est pas toujours facile –, mettre en place des bibliothèques, des petits groupes de danse, de musique…, tout ce qui est de nature à attirer les jeunes. L’élu doit être en contact avec tous, sans exception : tous les habitants, des plus grands aux plus jeunes. Cette fonction est irremplaçable. Aujourd’hui, l’élu à la culture a une fonction primordiale dans la société contemporaine que nous vivons. »