Actualités

Retour sur les Journées d’Avignon 2026 – le pass Culture et l’EAC au cœur des échanges avec les collectivités

Par 20 juillet 2026juillet 30th, 2026Aucun commentaire

À l’occasion des Journées d’Avignon de la FNCC, les élu.es présents ont pu échanger avec Laurence Tison-Vuillaume, présidente du pass Culture, et Emmanuel Ethis, délégué interministériel à l’éducation artistique et culturelle (EAC), autour des évolutions du pass Culture, des parcours d’éducation artistique et culturelle et de la place des collectivités territoriales dans leur mise en œuvre.

Un pass Culture qui renforce son partenariat avec les collectivités

En ouverture des échanges, Laurence Tison-Vuillaume a présenté les principales évolutions du pass Culture. Devenu opérateur de l’État au début de l’année 2026, le pass Culture poursuit sa structuration tout en affirmant sa volonté de travailler plus étroitement avec les collectivités territoriales. L’intégration de la FNCC, aux côtés de Régions de France et de Départements de France, à la gouvernance du dispositif traduit cette évolution.

La présidente du pass Culture est également revenue sur plusieurs chantiers engagés ces derniers mois : stabilisation de la part collective, poursuite de la part individuelle qui concerne désormais la très grande majorité des jeunes, renforcement de la médiation culturelle, actions en faveur des publics prioritaires et développement d’outils destinés à mieux faire connaître l’offre culturelle.

Une expérimentation menée avec des collectivités adhérentes de la FNCC pour mieux connaître les pratiques culturelles des jeunes

La rencontre a également été l’occasion de revenir sur l’expérimentation conduite avec plusieurs collectivités adhérentes de la FNCC autour du partage de données territoriales.

Cette démarche, menée entre septembre 2025 et janvier 2026, vise à mettre à disposition des collectivités des indicateurs leur permettant de mieux connaître les pratiques culturelles des jeunes, leurs mobilités ou encore les dynamiques entre acteurs culturels, afin d’éclairer la construction des politiques culturelles locales.

Face aux résultats encourageants de cette première phase, le pass Culture a annoncé la généralisation de ce partage de données à partir de la rentrée 2026. Des fiches territoriales adaptées aux différents niveaux de collectivités seront progressivement accessibles, tandis qu’un observatoire du pass Culture sera présenté lors du prochain Salon des maires et des collectivités locales.

Construire des parcours culturels cohérents

Les nombreuses interventions des élu.es ont ensuite permis d’aborder les conditions d’articulation entre l’éducation artistique et culturelle et le pass Culture.

Jean-Philippe Lefèvre, président de la FNCC, a notamment rappelé que si les deux démarches sont complémentaires, elles ne poursuivent pas exactement les mêmes objectifs. L’éducation artistique et culturelle construit des parcours d’apprentissage dès le plus jeune âge, tandis que le pass Culture repose sur un principe essentiel : laisser aux jeunes une liberté de choix dans leurs pratiques culturelles. Laurence Tison-Vuillaume a partagé cette analyse, tout en soulignant que cette liberté peut se conjuguer avec un travail de médiation afin d’accompagner les jeunes dans leurs découvertes.

Plusieurs élu.es, à l’instar de Jean-Philippe Allardi, maire-adjoint de Sceaux et membre du Conseil d’administration de la Fédération, ont également insisté sur la nécessité de renforcer l’accompagnement dès l’école primaire. Alexie Lorca, maire-adjointe de Montreuil et vice-présidente de la FNCC, a rappelé qu’accompagner les plus jeunes ne relevait pas d’une logique de prescription. Laurence Tison-Vuillaume a évoqué à ce sujet une expérimentation actuellement menée à Marseille auprès de 135 écoles.

Des enjeux d’équité territoriale

Les échanges ont aussi fait émerger plusieurs préoccupations fortes des collectivités. Marie-Pierre Bresson, maire-adjointe de Lille, a interrogé la capacité du pass Culture à garantir une réelle équité territoriale, notamment entre les territoires les mieux dotés en offre culturelle et les autres, ainsi que les conséquences du gel temporaire de la part collective intervenu en début d’année. Laurence Tison-Vuillaume a reconnu les difficultés engendrées par ce « stop and go », tout en rappelant que les crédits avaient été préservés et qu’un travail était engagé pour mieux articuler les calendriers scolaires et budgétaires.

L’objectif du « 100 % EAC »

Emmanuel Ethis a replacé ces débats dans une perspective plus large en rappelant l’ambition portée par l’État : permettre à chaque jeune de bénéficier d’un véritable parcours d’éducation artistique et culturelle.

Dix ans après l’adoption de la Charte pour l’EAC, 73% des jeunes bénéficient d’au moins une action d’éducation artistique et culturelle. Les disparités territoriales demeurent donc importantes. Le délégué interministériel a insisté sur le rôle déterminant des collectivités dans l’atteinte de l’objectif de « 100 % EAC » et sur la nécessité d’articuler les différents dispositifs, du plus jeune âge jusqu’au pass Culture, afin de construire de véritables parcours d’émancipation par la culture.

En écho à cette ambition, Hugues Brianceau, maire-adjoint de Rezé et membre du Conseil d’administration, a souligné l’intérêt des démarches inscrites dans le temps long. S’appuyant sur l’expérience de son territoire, engagé dans un contrat local d’éducation artistique (CLEA), il a plaidé pour le développement de partenariats durables entre les collectivités, les acteurs culturels et les établissements scolaires.

Emmanuel Ethis a conclu son intervention avec la présentation de la troisième campagne du label « 100 % EAC », qui valorise les territoires développant des politiques partenariales ambitieuses, notamment à l’échelle intercommunale.