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Chiffres clés du DEPS : plus de 23 millions d’amateurs

Par 2 janvier 2023janvier 12th, 2023Aucun commentaire

Les statistiques annuelles des « Chiffres clés », publiées par le Département des études, de la prospective et des statistiques (DEPS) du ministère de la Culture constituent une source majeure d’informations sur les divers secteurs de la culture, tant pour leur contribution à l’économie qu’à l’emploi ou sur leurs financements. L’édition 2022 augmente ces données de fiches inédites. Celle sur la réalité statistiquement mal identifiée des pratiques en amateur pourra significativement contribuer à la conception des politiques culturelles, qu’elles soient nationales ou locales.

Les pratiques en amateur sont, en effet, traditionnellement peu renseignées par les études statistiques, car elles sont éminemment protéiformes : de la poterie à la rédaction d’un journal intime, de la pratique d’un instrument de musique à la photographie, de la recherche généalogique à la danse. De surcroît, leurs modalités aussi sont mouvantes, notamment reconfigurées par le tournant numérique : les logiciels en modifient les usages et les réseaux le partage. Enfin, elles varient grandement au cours de l’existence. D’où ce constat que la vie créative des Françaises et des Français échappe encore largement à la connaissance et, par voie de conséquence, à sa prise en compte politique alors même qu’elle concerne une très grande part de la population, tout particulièrement la part jeune – celle-là même dont on sait que les politiques culturelles peinent à l’atteindre.

La fiche des « Chiffres clés 2022 » fournit un certain nombre de données sur les pratiques en amateur (mesurées en 2018) et esquisse quelques pistes sur leur évolution au cours de la décennie 2008-2018. Avec deux chiffres majeurs : l’ampleur des pratiques artistiques ou culturelles en amateur – 23,4 millions de Françaises et de Français ont une pratique en amateur, voire à plusieurs –, mais elles sont sur une voie déclinante : 50% des 15 ans et plus s’y adonnaient en 2008, une proportion qui chute à 39% en 2018.

Portrait de l’amateur en quelques chiffres

Quelles sont les pratiques en amateur les plus répandues ? Deux types de pratiques dominent le goût des Françaises et des Français pour les « loisirs créatifs », la photographie (19% des plus de 15 ans) et la musique (11%). Mais le régime dans le temps de la pratique de la photographie et celui de la pratique de la musique diffèrent fondamentalement. La première s’avère plus durable au travers des âges alors que la seconde a tendance à s’éroder au fil du temps : si un tiers des Françaises et des Français déclare avoir pratiqué la musique (instrument ou chant) au cours de leur vie, à date fixe (en 2018) deux-tiers d’entre eux y ont renoncé ; un constat qui interroge notamment sur la densité de l’offre de cadres pour la pratique musicale en amateur au-delà de la jeunesse.

Les âges de la pratique en amateur ? « Pratique en amateur rime avec jeunesse », note le DEPS. La tranche 15-40 ans représente 37% de la population française en général mais 42% de la population pratiquante en amateur. Plus encore, « les jeunes de moins de 20 ans ont une probabilité beaucoup plus forte de pratiquer une activité en amateur par rapport aux personnes âgées de 25 à 39 ans, dans des rapports allant de 2,1 pour l’audiovisuel à 4,1 pour la pratique musicale ».

Des pratiques genrées ? Prises en leur ensemble, les pratiques en amateur concernent autant les femmes que les hommes. Mais ce ne sont pas les mêmes. Les femmes sont fortement majoritaires dans les arts plastiques, l’écriture et le spectacle vivant, avec une proportion de 61% dans les arts graphiques ou manuels, 64% pour l’écriture, 71% pour la danse, avec un pic à 78% pour la poterie. Quant aux hommes, ils sont majoritaires dans les activités scientifiques et techniques (astrologie, histoire…).

La mutation numérique. La connaissance chiffrée des effets de la massification des usages et réseaux numériques sur les pratiques en amateur reste embryonnaire et le recul manque encore pour l’observation de tendances sur le long terme. Le DEPS note par exemple que l’acte de se former grâce au numérique n’est mesuré que depuis l’enquête décennale de 2018 sur les pratiques culturelles des Français.

Pour autant, quelques éléments comparatifs permettent d’estimer une forte croissance du recours au numérique : en 2008, un tiers des amateurs recourait aux outils numériques, une proportion qui atteint 61% en 2018. Mais de telles données restent encore imprécises. Ainsi, au regard des questionnaires utilisés, le DEPS précise, par exemple, que leur construction « ne permet pas de s’assurer que les outils numériques ont été utilisés pour une activité en particulier plutôt qu’une autre » dans les cas où les personnes interrogées déclarent avoir plusieurs pratiques artistiques ou culturelles. Le vaste continent des pratiques en amateur, sans doute bouleversé par une emprise numérique dopée par la crise sanitaire de 2019-2020, reste encore à explorer.


A télécharger
Chiffres clés, statistiques de la culture et de la communication : édition 2022