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La destruction du temple de Baal : un crime contre la fraternité

Par 23 septembre 2015 juin 21st, 2019 Aucun commentaire

A Palmyre, en Syrie, le temple de Baal, vieux de 2000 ans, a été dé-truit par le groupe “Etat islamique”, fin août. Et son conservateur, l’ar-chéologue Khaled Assaad, sauvagement assassiné. Nous devons prendre la mesure de cette effroyable violence symbolique qui surligne d’obscurantisme et de haine envers l’histoire et la culture les insupportables meurtres de toutes formes d’altérité. Tuer des personnes pour leur confession, pour leur origine, pour leurs choix sexuels, pour leur pensée et rayer les héritages, les mémoires, contraindre des milliers de gens à l’exil, ce sont là des formes convergentes d’un unique horizon de mort. Un crime qui nous fait ressentir au-delà de la raison, au-delà de la colère et des pleurs, le sens du mot fraternité. C’est quand elle sombre qu’elle brille le plus fort dans toute sa nécessité.

Il n’est pas question de condamner au nom de quelque principe que ce soit. Ce serait emboîter le pas sanglant de leur haine que de détester à notre tour. La destruction du temple de Baal, puis de la Vallée des Tombeaux, après tant d’autres sites archéologiques en Syrie et en Irak, est une mise en scène lugubre, ignoble d’un meurtre idéologique : la pensée, aussi indignée soit-elle, ne peut répondre à des actes qui font de la pensée leur ennemi premier.
Mais nous ne devons pas détourner les yeux.

Dans cette terrifiante pénombre, quand la dernière lueur fragile de la fraternité s’éteint, la fierté s’impose : c’est une tragique méprise sur ce que c’est d’être un humain. La culture est haïe, la mémoire est explosée. Ce sont d’autres personnes et on ne comprend plus. Plus rien. Sinon que ce retour de temps de cauchemars, dont nous voulions croire qu’ils ne se reproduiraient jamais, est là à nouveau.

A nouveau il rentrera dans les trop nombreuses annales macabres de notre histoire.

Mais tout doit être fait pour barrer ce délire, pour en secourir les victimes, pour opposer plus de mémoire, plus de fraternité, plus de respect des autres, plus de chants, plus d’incertitudes, de questionnements – moins de certitudes, moins de mort – à ce carnage de la liberté, à ce crime contre la fraternité.

le Bureau de la FNCC