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Actualitéséducation artistique et culturelle

Rayonnement des écoles d’art territoriales de pratique en amateur

Par 11 janvier 2024Aucun commentaire

A la différence du réseau des conservatoires de musique, danse et théâtre, celui de l’offre publique de l’enseignement des arts plastiques destiné aux amateurs (à distinguer de celui des écoles supérieures d’art territoriales), beaucoup moins développé, reste mal connu, notamment quant à la réalité de son rayonnement territorial. C’est à cette thématique qu’est consacrée une enquête de l’Association nationale des écoles d’art territoriales de pratiques amateurs (ANEAT). Cette structure, qui regroupe 48 écoles d’art territoriales pour la plupart municipales ou intercommunales, a analysé les réponses à un questionnaire très précis d’une quarantaine d’écoles. Objet : mesurer le rayonnement des établissements d’enseignement de pratiques artistiques en amateur dans le domaine des arts plastiques et visuels sur le territoire français, à partir des chiffres de 2022 et 2023. Eléments de synthèse.

Par-delà les frontières administratives. Enseignement majeur de l’enquête, la capacité de ces établissements à déborder les frontières administratives. Nonobstant le soutien que leur apporte la collectivité sur laquelle ils sont situés (86% dépendent d’une commune et 9% d’un EPCC), l’enquête montre que chacun “recrute” en moyenne sur une trentaine de communes et que plus de la moitié d’entre eux ont des inscrits habitant un autre département que le leur. Une souplesse territoriale qui souligne une densité d’établissements inférieure à la demande potentielle : de 2015 à 2020, leur fréquentation soit est restée stable (31%), soit s’est accrue (45%).

Une présence majoritaire dans les villes moyennes. Hormis une quasi-absence des écoles répondantes dans les communes de moins de 10 000 habitants, leur nombre est inversement proportionnel à la densité démographique. Le panel de l’enquête n’en compte que 3 dans des agglomérations de plus de 500 000 habitants, respectivement 9 et 8 dans celles de 100 000 à 500 000 habitants et de 50 000 à 100 000 habitants pour 21 dans des villes de 10 000 à 50 000 habitants. A noter cependant que nombre d’écoles supérieures– écoles d’art nationales ou territoriales – proposent aussi des cours destinés aux amateurs, ce qui peut compenser la faiblesse de l’offre dans les agglomérations les plus denses.

Une culture du partenariat. Même si la provenance des élèves déborde les limites communales ou intercommunales, l’implantation locale constitue une autre des caractéristiques de ces écoles. Elle se traduit par la multiplicité de leurs partenariats : les écoles ont en moyenne 12 structures partenaires, 81% avec des structures culturelles et notamment les conservatoires, 76% avec des établissements scolaires, 67% avec des structures de publics éloignés ou empêchés. D’autres collaborations montrent également leur capacité à travailler en transversalité avec les acteurs de leur territoire dans d’autres domaines que ceux de la culture et de l’éducation, que ce soit avec des crèches, des services jardins/espaces verts des collectivités, des cinémas ou encore des bailleurs sociaux.

Un public de tous les âges. Contrairement à celui des conservatoires de musique, de théâtre et de danse, le public des écoles d’art territoriales pour les pratiques en amateurs des arts plastiques et visuels se répartit quasi équitablement entre mineurs (54%) et adultes (46%). Pour les premiers, ce sont surtout les plus jeunes (de 6 à 11 ans) qui les fréquentent (53%), avec une baisse de l’assiduité pour les 12 à 18 ans (39%). Quoi qu’il en soit, la nature intergénérationnelle de leur fréquentation en fait une réalité singulière dans le domaine des arts et de la culture.

Tarification. On notera enfin que, malgré ou à cause de leur rayonnement, 90% des écoles appliquent une tarification distinguant résidents dans la collectivité et hors collectivité, 67% pratiquant une tarification sociale. D’où cette conclusion de l’ANEAT : « La mise en place de politiques tarifaires pensées en direction, notamment, des résidents d’une collectivité donnée jouent un rôle important quant au rayonnement et à la visibilité de l’école », aux côtés de la densité et de la diversité des partenariats.

Un outil des politiques culturelles de proximité. Certes, l’ANEAT souligne elle-même la nature réduite du taux de réponses exploitables à son questionnaire ainsi que la grande hétérogénéité des écoles répondantes. A quoi il faut ajouter que sans doute bien d’autres initiatives municipales d’accompagnement des pratiques des arts plastiques en amateur échappent à son enquête – à titre d’exemple, la Ville de Lanester (Morbihan), comme bien d’autres municipalités, a mis en place un Atelier municipal d’arts plastiques qui propose des cours hebdomadaires (peinture, dessin, modelage…) aux enfants dès 4 ans, aux adolescents ainsi qu’aux adultes. Pour autant, l’enquête met en lumière un réseau qui constitue un véritable outil pour les politiques culturelles de proximité au service des pratiques artistiques en amateur. Et qui mérite d’être soutenu et développé.


L’ANEAT

Créée en 2015, l’ANEAT – Association nationale des écoles d’art territoriales de pratiques amateurs – donne au plan national un cadre aux échanges entre ses 48 écoles adhérentes, dont celles de Lyon, Angoulême, Champigny-sur-Marne, Mâcon, Marseille, Vitry-sur-Seine, Fontenay-sous-Bois, Saint-Ouen, Toulouse… Comme pour les conservatoires, les enseignants relèvent soit de la catégorie des assistants territoriaux d’enseignement artistique (ATEA) soit de celle des professeurs territoriaux d’enseignement artistique (PTEA). Soutenu par le ministère de la Culture, l’ANEAT est l’interlocutrice des associations professionnelles, des collectivités et de l’Etat.

Les membres de cette association sont « les collectivités territoriales qui délèguent leur représentation aux directrices et directeurs ou responsables de leurs écoles. Cette caractéristique témoigne notamment de la détermination qu’ont les collectivités à porter des écoles de pratiques amateurs de qualité et de plain-pied avec les problématiques plus larges que celles de leurs seuls territoires, problématiques relevant des enseignements artistiques envisagés dans leur globalité » (présentation sur le site de l’ANEAT).


A télécharger
Enquête sur le rayonnement des établissements d’enseignement de pratiques amateurs en arts plastiques et visuels [2022-2023]