Inaugurée à l’occasion de la fête patronale de la commune en juin 2026, la nouvelle salle de spectacles et de festivités « La Stella » a accueilli près de 1 500 visiteurs lors d’un week-end mêlant cérémonie officielle, spectacle d’ouverture, programmation artistique locale et actions d’éducation artistique et culturelle. Porté par la Ville de La Trinité depuis 2020, cet équipement modulable constitue l’un des piliers du projet culturel municipal. Chantal Carrié, maire-adjointe en charge de la culture, revient sur la genèse de ce projet et sur la manière dont ce nouvel outil a contribué à structurer la politique culturelle de la commune.

Inauguration de La Stella
Pouvez-vous revenir sur la genèse du projet de la Stella ?
La Trinité n’a jamais eu de salle des fêtes. Par le passé, ce sont le gymnase, le boulodrome ou encore une toile de tente qui faisaient office pour les évènements. Pour nous, c’était logique d’inclure dans notre programme la construction d’une salle des fêtes. Chose dite, chose faite : nous avons amorcé le projet très rapidement après notre élection.
Nous avons engagé un assistant de maîtrise d’ouvrage (AMO) pour constituer un cahier des charges et nous avons recensé les besoins en interviewant un certain nombre de personnes. Ensuite, nous avons lancé un concours de maîtrise d’œuvre. En est sorti un projet qui nous paraissait le plus approprié en termes d’esthétique d’abord mais surtout parce qu’on savait qu’en matière de fonctionnement, c’était ce que nous recherchions. Pour autant, entre le concours et aujourd’hui, le projet a continué d’évoluer sur les usages.
Comment avez-vous construit le projet ?
En même temps que nous avons lancé la construction du bâtiment, nous avons construit le projet de plusieurs manières. D’abord, administrativement en créant la structure qui allait le porter mais également en travaillant sur l’appropriation de ce bâtiment par les habitants et les structures locales. Par ailleurs, nous avons structuré le service culturel qui n’existait pas dans la commune ainsi que le projet culturel de La Trinité. C’était très intéressant car cela permettait réellement d’intégrer ce nouvel équipement dans ce projet culturel de la ville. En réalité, nous avons construit un projet culturel avec un outil qui va nous permettre de le mettre en œuvre.

Inauguration de La Stella
La Stella est-elle en gestion municipale ?
Il s’agit d’une gestion en régie mais nous avons monté un EPA (Etablissement public administratif) – Stellae – pour s’en occuper. Sa création a été finalisée en 2025 avec le Conseil d’administration et l’attribution du budget notamment.
Que sera concrètement la Stella ?
Aujourd’hui, cette salle est modulable ce qui signifie qu’elle n’est pas dédiée à un art. Il est possible d’en moduler la jauge avec 360 places pour la jauge de base jusqu’à 500 places assises mais également une jauge de 900 places debout à 1100 places assis/debout en mode concert. Au niveau acoustique, elle permet de programmer des musiques actuelles, du spectacle vivant ou encore de la musique classique sans problème. Nous avons aussi demandé l’installation d’un écran mobile qui permet d’intégrer une programmation cinématographique. Il y a un très grand hall ainsi qu’un foyer qui sont des lieux de rencontre avant et après les évènements. Mais La Stella est aussi une salle qui doit permettre de recevoir des manifestations communales pour des festivités. Une salle pour tous…
Comment avez-vous travaillé à l’appropriation de l’équipement par les habitants ?
Nous avons mis en place des conseils consultatifs de jeunes, de citoyens mais également de séniors et d’entreprises. Le projet de La Stella a aussi été travaillé avec eux. Nous sommes allés les voir pour leur demander ce qu’ils en pensaient, quels étaient pour eux les besoins ou encore pour travailler les abords de l’équipement par exemple. L’idée était vraiment de voir avec les habitants ce qu’il fallait faire de ce bâtiment. L’architecte a également joué le jeu puisque nous sommes par la suite rentrés dans un dispositif « vivre l’architecture » dans le cadre duquel il a travaillé avec les écoles sur le fait architectural. Ces derniers temps, le chantier étant en fin de gros œuvre, nous avons proposé des visites citoyennes pour découvrir le futur bâtiment et permettre aux habitants de s’approprier les lieux. C’est une sorte « d’avant les murs ».
Est-ce qu’il y a une volonté de rayonnement de cet équipement dans les communes des alentours ?
Oui, bien-sûr. L’appropriation de l’équipement par les habitants de La Trinité est très importante mais c’est également très important qu’il rayonne ailleurs. Nous avons commencé à travailler des partenariats avec les structures et équipements culturels du territoire : nous leur amenons notre public et en échange ils pourront amener une partie de leur programmation dans nos futurs locaux, une sorte de “hors les murs”. Je pense par exemple aux ballets de Monte Carlo, car la scène est elle aussi modulable pour recevoir ce type de spectacle. Ces sorties culturelles ont permis au public de découvrir beaucoup de lieux, de tester notre public et ses goûts pour travailler notre programmation mais également de préparer le rayonnement de notre équipement sur le territoire. La Stella sera située sur un parcours de tramway qui est en train de se mettre en place pour relier Nice à La Trinité. C’est une situation idéale.
Propos recueillis par Noémie Picard









