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Dans politique culturelle, il y a “politique”

Par 30 septembre 2019 octobre 8th, 2019 Aucun commentaire
Jean-Philippe Lefèvre, président de la FNCC, signe l’éditorial de la Lettre d’Echanges n°174 (septembre 2019)

L’égalité des chances ou l’égal accès à la culture se sont traduits peu à peu par la multiplication d’“appels à projets” bien corsetés et par la diffusion de “labels” bien encadrés. Quelle place pour les “pas de côtés”, pour la fraîcheur d’une rencontre artistique improbable ou d’un processus créatif original ?

A force de normes et de critères, seuls les plus forts et les mieux implantés y trouvent leur compte. Il faut disposer d’une solide équipe pour répondre avec succès aux nombreux appels à projets. Quelle chance peut avoir l’artiste indépendant, la compagnie émergente, le créateur en devenir face à ces “massifs” de la culture administrative… de la culture ?

Le système renforce les zones déjà bien pourvues. Plutôt que la trop célèbre et justement décriée carte des “zones blanches”, une cartographie des lauréats des appels à projets serait bien plus pertinente.

Il y a presque 50 ans, Jacques Duhamel, ministre de la Culture et maire d’une ville moyenne dans un département rural, imaginait les FIC (Fonds d’intervention culturelle) avec pour vocation d’accompagner, dans une heureuse collaboration entre l’Etat et les collectivités locales, des « actions culturelles précises et localisées ». Aujourd’hui, les budgets des DRAC sont tant “fléchés” qu’accompagner un projet différent est difficile. Mais voilà que des collectivités suivent le même chemin, multipliant “appels à projets régionaux” comme “labels régionaux”.

Il est nécessaire de retrouver des marges de choix politiques, éclairés évidemment par le dialogue : le “droit de citer” dans la cité. Les prochaines élections municipales verront bien se confronter des projets, non des “appels à projets”.