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Salon des maires 2022 : le cirque de création

Par 24 novembre 2022décembre 6th, 2022Aucun commentaire

Le cirque est une réalité complexe objet de nombreuses idées préconçues. Cette table-ronde proposée dans le cadre des débats initiés par la FNCC au Salon des maires, fait le point sur l’une de ses formes les plus dynamiques et créatives – le cirque de création – ainsi que sur son outil majeur : le chapiteau. Avec ce constat qui est également un conseil : plus qu’une expression esthétique à la fois exigeante et populaire, le cirque de création est un outil majeur de politique culturelle pour les territoires.

Intervenants de la table-ronde animée par Gwénola David, directrice générale d’Artcena, Centre national des arts du cirque, de la rue et du théâtre : Frédéric Hocquard, président de la FNCC, Yannis Jean, délégué général du Syndicat des cirques et compagnies de création, Delphine Poueymidanet, secrétaire générale de Territoires de Cirque.

Gwenola David. Beaucoup de nos concitoyens restent encore à l’écart des lieux de culture. La très grande vitalité des arts du cirque en fait un atout pour pallier cet éloignement. Mais quand on évoque le cirque, on pense tout d’abord aux compagnies traditionnelles. Or il en existe aussi une forme contemporaine, proprement artistique, mêlant musique, théâtre et danse et en phase étroite avec les préoccupations d’aujourd’hui : le cirque de création. Pour autant, ce cirque a souvent conservé l’attribut phare de la tradition circassienne qu’est le chapiteau, outil de sa modalité fondamentale d’itinérance.

Pour favoriser l’accueil des cirques par les communes, un groupe de travail réunissant des associations de collectivités (AMF, FNCC) et des représentants de toutes les esthétiques circassiennes a rédigé, en 2018, la charte Droit de Cité. Elle répond à plusieurs enjeux : faciliter le dialogue entre les collectivités et les compagnies (en établissant un code de bonnes conduites respectives), promouvoir la diversité des esthétiques (notamment des formes ne recourant à des animaux), favoriser les dispositifs d’éducation artistique et culturelle autour du cirque et enfin promouvoir les tournées dans un objectif de minimiser l’impact environnemental de la production des spectacles.

Frédéric Hocquard. La place du cirque dans les politiques culturelles relève d’un enjeu ancien. Ces esthétiques ont toujours eu une place importante sur les territoires. Une place qu’il faut aujourd’hui réinterroger à la fois du point de la culture et des arts mais aussi de celui de l’urbanisme, ce que font certaines collectivités à la fois en soutenant des lieux de fabrication ou en développant des espaces adaptés à l’itinérance.

En même temps qu’un art, le cirque est une réalité qui questionne au-delà de la culture, pour l’accueil, la sécurité, l’urbanisme… Pour les collectivités, il s’agit de remettre le cirque au cœur de leurs politiques culturelles tout en assumant ces dimensions extra-culturelles intrinsèquement liées aux activités des cirques. C’est cela qui est passionnant : par son inscription dans l’espace public, le cirque offre de nouvelles frontières aux politiques culturelles. Enfin, aujourd’hui un débat vient compliquer encore la relation entre les cirques et les collectivités : la présence d’animaux de la faune sauvage. Peu à peu, cette tension va se résoudre.

Yannis Jean. L’idée que l’on se fait du cirque est souvent entachée d’idée préconçues. Qu’est-ce que le cirque de création ? Un cirque qui a conservé les valeurs du cirque traditionnel mais qui, né en France, développe une très forte vitalité (800 compagnies dont 100 sous chapiteau) et qui met ses techniques au service d’une narration pour aborder toutes les questions sociétales. C’est aussi un art qui, au-delà des spectacles, permet de développer une importante action culturelle sur les territoires où le conduit l’itinérance.

Avec la venue d’un cirque, le spectacle commence dès l’arrivée du convoi et se poursuit avec le montage du chapiteau, jusqu’à son démontage. On peut tout faire sous un chapiteau, des ateliers, de l’éducation artistique et culturelle, des rencontres, du travail avec les compagnies en amateur… Il possède une extraordinaire capacité de médiation, car de tous les publics du spectacle, celui du cirque est le plus divers.

Delphine Poueymidanet. Pour qu’un cirque puisse développer la palette complète de ses atouts pour un territoire, il faut qu’il puisse s’appuyer sur le trio opérateur culturel-artistes-élus. Alors il devient un véritable outil pour construire un projet culturel de territoire. C’est d’autant plus précieux qu’après la crise sanitaire, une forme d’épuisement de la culture se fait sentir. Le dialogue avec les collectivités s’avère indispensable pour relancer le dynamisme.

Gwénola David. De ce point de vue, il faut souligner la complémentarité des structures ici représentées : Artcena et ses fonctions de centre de ressources, la veille juridique du Syndicat des cirques et compagnies de création, les formations destinées aux élus dispensées par la FNCC ainsi que l’expérience et l’expertise de Territoires de cirque et de son réseau de lieux et de compagnies.

Frédéric Hocquard. Nous devons aussi promouvoir activement la charte Droit de Cité, un combat qui, dès maintenant, appelle une véritable mobilisation pour agir ensemble. Pour sa part, la FNCC s’engage à en promouvoir la signature.


A télécharger
Le cirque de création, un atout pour les territoires
La Charte Droit de Cité
Le Guide accueillir un spectacle itinérant sur son territoire